Stratégie de Fermeture en Chirurgie Endoscopique de l’Hypophyse : Expérience sur 3015 Patients
Introduction
La fermeture en chirurgie endoscopique de l’hypophyse est une étape cruciale nécessitant une stratégie efficace pour réduire les complications postopératoires. De nombreuses techniques chirurgicales ont été décrites, mais aucun consensus clair n’a été établi à ce jour.
Méthodes
Entre janvier 2006 et mars 2022, nous avons opéré 3015 patients adultes atteints d’adénomes hypophysaires en utilisant une approche endonasale endoscopique mononarinaire. La stratégie de fermeture a été définie en fonction des facteurs de risque préopératoires et des observations peropératoires. Les facteurs de risque de défaillance de la fermeture incluaient un indice de masse corporelle (IMC) > 40, une lyse du plancher sellaire, un antécédent de plus de deux chirurgies, une destruction étendue de la base du crâne et une radiothérapie préalable. Les patients ayant bénéficié d’une approche endonasale étendue ont été exclus de l’étude.
Résultats
La majorité des patients étaient des femmes (ratio F/H : 1,4) avec un âge médian de 50 ans (18–89 ans). Une fuite de liquide cérébrospinal (LCS) peropératoire nécessitant une prise en charge spécifique a été observée chez 10,6 % des patients (319/3015). En cas de fuite peropératoire, une prise en charge adaptée était mise en place selon les facteurs de risque prédictifs : un cathéter de Foley était utilisé en cas de lyse étendue de la base (absence d appui osseux), tandis qu’une réparation en plusieurs couches avec un lambeau nasoseptal vascularisé était privilégiée dans les autres cas.
Les fuites de LCS postopératoires ont été rapportées chez 1 % des patients (29/3015), tandis que les cas de méningite représentaient 0,8 % (24/3015). Parmi les patients ayant présenté une fuite peropératoire, l’échec de la fermeture a été constaté chez 3,4 % des cas (11/319).
Conclusion
Avec une expérience de 16 ans et plus de 3000 patients opérés, notre stratégie de fermeture en chirurgie hypophysaire endoscopique s’est révélée fiable et reproductible. Une approche planifiée et progressive permet d’optimiser cette étape cruciale et de l’adapter aux besoins spécifiques de chaque patient, avec un taux d’échec extrêmement faible.
source: https://www.frontiersin.org/journals/oncology/articles/10.3389/fonc.2022.1067312/full