Focus spécifique sur la dure-mère basale pour améliorer la chirurgie de la maladie de Cushing : étude de cohorte
Contexte et objectifs
Dans la maladie de Cushing, le taux de rémission endocrinienne après chirurgie atteint environ 80 % dans les centres experts. Cependant, en raison de la capacité de la tumeur à envahir les structures durales environnantes, l’hypercortisolisme persiste chez 20 % des patients ou récidive chez 15 %. Afin d’augmenter les chances de rémission, la résection tumorale peut être étendue à la dure-mère chez les patients présentant une invasion basale. L’objectif de cette étude était d’évaluer le bénéfice d’une stratégie chirurgicale reposant sur une attention systématique portée à la dure-mère basale.
Méthodes
Une chirurgie endoscopique a été réalisée chez 89 patients adultes sans invasion caverneuse évidente. La dure-mère basale était systématiquement retirée dès qu’une invasion macroscopique était suspectée. Trois groupes ont été définis : (i) dure réséquée mais non envahie (n=14) ; (ii) dure réséquée et envahie (n=16) ; (iii) dure non réséquée (n=59). Cette cohorte a été comparée à une série contrôle personnelle de patients atteints de maladie de Cushing opérés sans attention particulière portée à la dure-mère basale.
Résultats
La durée moyenne de suivi était de 19,9 ± 9,4 mois. La rémission endocrinienne a été obtenue chez 15/16 (94 %) patients avec dure envahie, 14/15 (93 %) avec dure réséquée non envahie et 50/59 (85 %) avec dure non réséquée. Des déficits antéhypophysaires et un diabète insipide sont survenus respectivement chez 3 % et 9 % des patients. Comparée à la série contrôle, notre cohorte présentait un taux de rémission significativement plus élevé (88 % vs 75 %, p = 0,019).
Conclusion
La tumorectomie étendue à la dure-mère basale est une procédure sûre qui maximise la résection chirurgicale. Malgré l’invasion durale, la rémission endocrinienne reste élevée lorsque la dure est retirée. Une attention systématique à la dure-mère basale peut donc optimiser les résultats endocriniens de la chirurgie de la maladie de Cushing.
Source : Springer 2025