La décompression directe est-elle nécessaire lors d’une fusion intersomatique lombaire latérale (LLIF) ?

La décompression directe est-elle nécessaire lors d’une fusion intersomatique lombaire latérale (LLIF) ?


Essai contrôlé randomisé comparant la décompression directe et indirecte par LLIF chez des patients sélectionnés.

Objectif :

Comparer les résultats cliniques et radiographiques après une chirurgie de fusion intersomatique lombaire latérale (LLIF), en utilisant soit une décompression directe, soit une décompression indirecte, chez des patients souffrant de maladies dégénératives de la colonne lombaire.

Méthodes :

Les patients ayant subi une LLIF sur un seul niveau ont été répartis au hasard en deux groupes :

  • Groupe D : décompression directe
  • Groupe I : décompression indirecte

Les résultats cliniques ont été mesurés avec :

  • l’indice de handicap d’Oswestry (mesure de la capacité fonctionnelle)
  • l’échelle visuelle analogique pour la douleur au dos et à la jambe

Les résultats radiographiques incluaient :

  • la surface canal vertebral,
  • la hauteur discale,
  • la hauteur et la surface des trous de conjugaison,
  • le taux de fusion,
  • la lordose segmentaire et lombaire.

Résultats :

28 patients ont été analysés (14 dans chaque groupe), avec une moyenne d’âge de 66,1 ans. Après l’opération, une amélioration significative a été observée dans tous les paramètres cliniques, mais sans différence notable entre les deux groupes à tous les moments du suivi.

Tous les résultats radiographiques étaient similaires sauf la surface de la dure-mère, qui a augmenté de manière significativement plus importante dans le groupe D (77,73 mm² contre 54,32 mm² ; p = 0,042).

Le groupe I (décompression indirecte) a eu :

  • moins de pertes de sang (68 mL contre 210 mL ; p < 0,005)
  • des opérations plus courtes (136 min contre 182 min ; p = 0,002)

Le taux global de complications était similaire dans les deux groupes.

Conclusion :

La décompression indirecte par LLIF offre une amélioration clinique équivalente à celle avec décompression directe sur un an de suivi. Chez les patients bien sélectionnés, la décompression directe pourrait ne pas être nécessaire, car l’effet de “ligamentotaxie” (effet mécanique qui relâche les nerfs en élargissant les espaces) obtenu avec la décompression indirecte semble suffisant pour soulager les symptômes, tout en réduisant les pertes sanguines et le temps opératoire.

source: https://www.e-neurospine.org/journal/view.php?number=1551