Qu’est ce qu’un Adénome

Les principales pathologies traitées

Adénome hypophysaire

Les adénomes hypophysaires sont des tumeurs bénignes développées à partir de l’hypophyse, glande située sous le cerveau dans une loge osseuse appelée selle turcique. Véritable « chef d’orchestre » des glandes hormonales, l’hypophyse régule de nombreuses fonctions de l’organisme. La prise en charge des adénomes est spécialisée et multidisciplinaire ; lorsque la chirurgie est indiquée, l’expertise du neurochirurgien est essentielle. Dans un centre expert, l’évolution est favorable dans la grande majorité des cas.


Schéma de la région hypophysaire et de la selle turciqueRégion de l’hypophyse (schéma).

IRM cérébrale sagittale montrant l’hypophyse et sa tige pituitaire
IRM cérébrale en coupe sagittale (profil) montrant :
  • La région anatomique de l’hypophyse (carré bleu).
  • La glande hypophysaire (flèche jaune).
  • La tige pituitaire reliant l’hypophyse au cerveau (flèche blanche).

Types d’adénomes hypophysaires

Selon leur taille, on distingue les microadénomes (diamètre < 1 cm) et les
macroadénomes (diamètre ≥ 1 cm). Les microadénomes posent souvent un problème
de sécrétion hormonale (par exemple : maladie de Cushing, acromégalie, prolactinome).
Les macroadénomes soulagent rarement spontanément et exposent surtout à un effet de masse
avec risque d’atteinte des voies visuelles.

IRM hypophysaire coronale montrant un microadénome et les voies optiques
IRM hypophysaire en coupe coronale (face) montrant :
  • Le microadénome hypophysaire (flèche blanche).
  • Les voies optiques à distance du microadénome (flèche verte).

Adénome sécrétant ou non fonctionnel

Le bilan hormonal (prise de sang) permet de classer l’adénome en :

  • Adénome sécrétant : sécrétion excessive d’une hormone hypophysaire (ex. : prolactine dans le
    prolactinome, ACTH/Cortisol dans la maladie de Cushing, GH/IGF‑1 dans l’acromégalie…).
  • Adénome non fonctionnel (ou non sécrétant) : absence d’hypersécrétion hormonale.

La stratégie thérapeutique diffère selon qu’il s’agit d’un adénome sécrétant ou non fonctionnel, et selon le volume
et les rapports de la lésion avec les structures voisines (notamment les voies optiques).

Fréquence

Les adénomes hypophysaires représentent environ 10 à 20 % des tumeurs intracrâniennes de l’adulte.
Leur prévalence est estimée entre 1/1000 et 1/1300 dans la population générale ; l’incidence
avoisine 1/100 000 habitants par an. Les adénomes responsables de maladie de Cushing ou d’acromégalie
sont plus rares et relèvent d’une prise en charge ultra-spécialisée.

Diagnostic

En présence de symptômes endocriniens, neurologiques et/ou ophtalmologiques, une IRM cérébrale/hypophysaire
est prescrite. Le diagnostic confirmé, une consultation avec un endocrinologue et/ou un
neurochirurgien est organisée.

Examens complémentaires

  1. Bilan endocrinien (hypophysiogramme)

    Dosages : Prolactine, TSHus, T4L, T3L, FSH, LH, œstradiol, progestérone, testostérone, ACTH, cortisol, IGF‑1.
    Objectifs :

    • Détecter un excès hormonal (adénome sécrétant).
    • Rechercher une insuffisance hormonale liée à la compression de l’hypophyse saine.

    Une consultation d’endocrinologie complète la prise en charge (traitement spécifique des adénomes sécrétants,
    ou substitution hormonale en cas de déficit).

  2. Bilan radiologique

    L’IRM hypophysaire est l’examen de référence. Elle analyse finement les extensions de l’adénome :

    • Au sein de la selle turcique : rapports avec la glande hypophysaire.
    • Extension supra‑sellaire : rapports avec le chiasma et les nerfs optiques.
    • Extension infra‑sellaire : vers le sinus sphénoïdal.
    • Extension latérale : vers les sinus caverneux.

    Selon les cas, un scanner (angioscanner, fenêtres osseuses) peut compléter l’évaluation et être
    utilisé en neuronavigation pour guider la chirurgie. Les dossiers complexes sont discutés avec un
    neuroradiologue référent.

  3. Bilan ophtalmologique

    Souvent nécessaire en raison de la proximité des voies visuelles. L’examen comprend généralement :

    • Mesure de l’acuité visuelle.
    • Étude du champ visuel.
    • Fond d’œil et/ou OCT selon indication.

Traitements

La stratégie est discutée en Réunion de Concertation Multidisciplinaire (neurochirurgiens, endocrinologues,
radiologues, et selon les cas anatomopathologistes, biologistes, radiothérapeutes, oncologues).

Options thérapeutiques

  • Surveillance par IRM : adaptée aux adénomes non sécrétants de petite taille, stables et asymptomatiques.
  • Traitement médical : première intention pour de nombreux prolactinomes et certains adénomes sécrétants,
    initié par l’endocrinologue.
  • Chirurgie d’exérèse par voie endonasale (endoscopique) : indiquée dans de multiples situations (adénomes
    sécrétants — maladie de Cushing, acromégalie, microprolactinomes résistants — ; adénomes non sécrétants de volume
    significatif, menaçant ou comprimant les voies visuelles, ou évolutifs à l’IRM ; intolérance/échec des traitements médicaux).
  • Radiothérapie / radiochirurgie : selon le contexte (résidus post‑opératoires, adénomes agressifs ou rapidement évolutifs).

Chirurgie endoscopique endonasale

Objectifs

Obtenir l’exérèse la plus large possible tout en préservant, si possible, les fonctions endocriniennes normales.
En cas d’extension latérale (invasion du sinus caverneux), un reliquat peut être laissé pour limiter le risque.
Pour un microadénome sécrétant sans invasion cavernueuse, l’objectif est une exérèse complète conduisant à une
rémission.

Consultation avec le neurochirurgien

  • Lien entre vos symptômes et la lésion.
  • Principe de l’intervention par voie endoscopique endonasale.
  • Objectifs d’exérèse selon les extensions (caractère invasif ou non).
  • Parcours de soins à l’hôpital et suites opératoires.

Pourquoi la voie endoscopique ?

Technique de référence aujourd’hui : l’endoscope amène la lumière au fond des fosses nasales et offre une
vue panoramique (selle, régions supra‑ et infra‑sellaires, sinus caverneux), améliorant l’exérèse des extensions.
Les voies mini‑invasives respectent les cavités nasales, réduisant les conséquences rhinologiques et
améliorant le confort postopératoire.

Vue endoscopique de la région sellaire pendant une chirurgie endonasale
Vue endoscopique de la région sellaire.
Accès endonasale mini-invasive pour chirurgie de l’hypophyse
Accès endonasale mini‑invasif.

Bilan préopératoire

  • Bilan radiologique.
  • Consultation d’endocrinologie.
  • Consultation neuro‑ophtalmologique si nécessaire.
  • Consultation d’anesthésie en cas d’intervention.

Information médicale générale : cette page fournit des informations à visée éducative et ne remplace pas
une consultation médicale. Aucune décision de santé ne doit être prise sans avis personnalisé.