L’hôpital Lariboisière a ouvert ses portes en 1854.

Il a été construit avec l’aide de la donation à sa mort sans héritier de la comtesse Elisa Roy de Lariboisière dont il porte désormais son nom. Cet hôpital, moderne pour l’époque, a été réalisé sur un mode pavillonnaire, chaque pavillon étant dédié à l’une des grandes maladies de ce temps : choléra, syphilis, tuberculose etc. Actuellement chaque pavillon correspond plutôt à l’une des grandes spécialités de la médecine dont la neurochirurgie.

 

Portrait de Elisa Roy, comtesse de Lariboisière, 1794-1851

 

 

Albums de l’internat, Lariboisière 1902-1903  

        

   Albums de l’internat, Lariboisière 1904-1905 

 

 

        

 

Le service de neurochirurgie de l’hôpital Lariboisière a ouvert en 1951 avec comme premier chef de service le professeur Jacques Lebeau.

Son histoire est indissociable de l’histoire des débuts de la Neurochirurgie Française.

La neurochirurgie existait déjà depuis un moment puisque la première publication d’une intervention chirurgicale sur une tumeur cérébrale date du 2 décembre 1909 par Thierry de Martel. La neurochirurgie française est née de la collaboration d’un neurologue Clovis Vincent et d’un chirurgien général Thierry de Martel. Ces deux précurseurs se sont ensuite séparés, devenant chacun neurochirurgien. Clovis Vincent a été nommé à la tête du premier service de neurochirurgie à l’hôpital de la Pitié en 1933, alors même qu’il n’était pas officiellement chirurgien. Plusieurs services de neurochirurgie ont ensuite été créés à l’hôpital Sainte Anne (Pierre Puech 1941) et à la Salpêtrière (Jean Marie Guillaume, 1942: unité de neurochirurgie et 1952: service officiel) avant que n’ouvre celui de l’hôpital Lariboisière avec Jacques Lebeau.

A Jacques Lebeau succédera en 1960 le professeur Raymond Houdart.

Avec lui, une neurochirurgie moderne se développera ouvrant des perspectives thérapeutiques dans de nombreux domaines et notamment dans ceux qui resteront la prédilection du service actuel : la neurochirurgie tumorale notamment de la base du crâne avec le professeur Jean Cophignon, la neurochirurgie vasculaire en faisant venir le fondateur de l’angiographie super sélective et du traitement endovasculaire, René Djindjian et la neurochirurgie rachidienne avec la collaboration du service de rhumatologie du professeur de Sèze. Raymond Houdart finira sa carrière comme doyen de la faculté en 1976 et passera progressivement la main au professeur Jean Cophignon qui lui succédera en 1983.

 

Pr Raymond Houdart, au 1er rang, 5ème à partir de la gauche Pr Jean Cophigion, au 1er rang, 4ème à partir de la gauche Pr Bernard Georges, au 1er rang, 2ème à partir de la gauche

 

Jean Cophignon va diriger le service jusqu’en 1997.

Grand technicien de la chirurgie, il développera la neurochirurgie sous microscope ; en particulier, il sera le premier en France à opérer un anévrysme cérébral en microchirurgie en 1971 ; il sera aussi l’un des pionniers de la chirurgie de la base du crâne, notamment de la chirurgie orbitaire et crânio-faciale en collaboration avec une ophtalmologiste et un chirurgien plasticien.

Le service sera repris ensuite par le professeur Bernard George de 1997 à 2014.

Avec lui, la chirurgie de la base du crâne prendra une dimension internationale avec principalement la mise au point du contrôle de l’artère vertébrale appliqués à de nombreuses indications : exérèse de certaines tumeurs cervicales et décompression de la moelle épinière entre autres. Il fera du service le spécialiste mondial de l’abord de la charnière crânio-cervicale et du trou occipital (foramen magnum). Il recevra pour ces travaux la médaille Olivecrona délivrée par l’institut Karolinska de Stockholm, et la médaille Magnus Wilhem par l’institut d’Oslo. Il sera à l’origine de l’utilisation des techniques endoscopiques pour cette chirurgie de la base du crâne qui seront poursuivies et largement développées par son successeur le professeur Sebastien Froelich.

 

 

Aujourd’hui, le département de neurochirurgie de l’hôpital Lariboisière est dirigé par le professeur Sébastien Froelich.

Le service est internationalement connu pour la chirurgie de la base du crâne, avec une expertise de l’ensemble des voies d’abord de la base du crâne, aussi bien ouverte micro-chirurgicale que endoscopique endonasale ou microchirurgicale assistée par voie endoscopique. Le service collabore avec de nombreux spécialistes, ORL, ophtalmologistes, chirurgiens maxillo-faciaux, radiothérapeutes, protonthérapeutes, neuro-oncologues. Le service est référent en France et en Europe pour la chirurgie et la prise en charge des tumeurs complexes de la base du crâne et les lésions profondes du cerveau: méningiomes complexes de la base du crâne (méningiomes petroclivaux,  méningiomes du sinus caverneux,…), chordomes, chondrosarcomes, tumeurs du foramen jugulaire, schwannome vesitulaire, craniopharyngomes, cavernome du tronc cérébral….. Il figure parmi les services ayant  la plus importante expérience au monde dans la prise en charge des chordomes et chondrosarcomes.

Le professeur Sébastien Froelich, est depuis 2016, président de la section base du crâne de la World Federation of Neurological Societies (WFNS). Il est également membre du comité exécutif de l’European Skull Base Society (ESBS).

Ces dernières années, les techniques de chirurgie sur patient éveillé ont été développées par le professeur Emmanuel Mandonnet. La chirurgie du rachis reste un des pôles d’excellence du service (Dr Walid Krichen, Dr Michael Orabi) ainsi que la pathologie vasculaire traitée par voie chirurgicale ou endovasculaire en collaboration avec le service de neuroradiologie dirigé par le professeur Emmanuel Houdart (Pr Séabstien Froelich, Dr Anne Laure Bernat).

Le service est à l’origine de nombreux travaux de recherche clinique ou fondamentale utilisant un laboratoire installé dans le service et donnant lieu à de multiples publications internationales.

Il prend part aussi à l’enseignement universitaire et organise des cours de techniques chirurgicales deux fois par an auxquels participent des jeunes neurochirurgiens venus du monde entier (IRCAD).